1 juin 2016

Le FAIL de mon No Spend Challenge


Je l'avais inscrite dans mes bonnes résolutions de 2016, dans les premières en plus, en gros, en large et en travers, pour ne pas dire plus tard que je n'avais pas fait attention. Alors oui, il fallait bien que je la suive au moins un mois. Je ne vous raconte pas mon calvaire ... bon, en fait si! Et surtout la dégringolade qui suivit les mois suivants. En effet le No-Spend Month Challenge fut une véritable catastrophe chez moi, et oui je l'avoue j'ai replongé. Tout commença début Janvier, soit le pire mois pour se lancer dans une detox shopping : les étrennes de Noël en poche, les soldes qui commencent, et un besoin incontrolable de se faire plaisir pour supporter le temps déprimant de l'hiver parisien. En vérité, c'est plus qu'une detox shopping ( même si chez moi c'était la plus problématique des catégories de dépenses ) un No-Spend Month c'est vraiment de ne plus sortir son portefeuille pour aucune raison que ce soit, mis à part les dépenses vitales. Pas de café entre amis, pas de restaurant, pas de sorties ( même culturelles ... tiens je n'avais même pas pensé à ça comme excuse ), en gros la carte bleue reste faire la sieste à la maison.

Ne pas faire de shopping pendant tout ce mois de Janvier allait être, je le savais d'avance, assez fastidieux, moi qui adore les vêtements, la mode et forcément le shopping ( moi qui adore aussi faire du tri partout sauf dans mon armoire où je garde tout religieusement jusqu'à mes chemises d'il y a presque 10 ans ). C'était toujours un drame quand arrivait le moment de faire du tri dans mes vêtements, je me disais toujours que je voudrais reporter un jour ce que j'étais en train de jeter dans le sac "à donner", paradoxalement je portais toujours la même chose tous les jours : un t-shirt uni basique, un sweat-shirt ou un pull uni basique, un jean bleu brut uni basique et des tennis blanches uni basiques de chez basique, allez comprendre! En fait si, vous me comprenez très bien, on est tous pareil. Syndrome de "l'armoire pleine mais rien à se mettre" j'écoute!

Alors si jamais il est trop difficile pour le moment de trier comme Marie Kondo ou de faire du zéro déchet comme Béa Johnson, on peut déjà apprendre à dire non, autant aux autres qu'à soi-même, et commencer cette fichue detox shopping ( oui j'adore le mot detox, à me lire on finirait par se détoxifier de tout ). Et ce n'est qu'à ce moment là, histoire de prendre de bonnes habitudes et d'arrêter mon shopping compulsif que je me rendit compte à quel point j'étais empoisonné par le marketing et la pub. Oui, arrêter d'acheter des vêtements ( et des gadgets inutiles mais tellement rigolos) fut une véritable torture, alors, commencez au début des soldes et vous vous retrouverez dans une tragédie grecque! Les tentations étaient partout, les envies décuplées, les bonnes idées de looks pullulaient dans ma tête! " Oh mon dieu ce pull est exactement ce que je cherchais, il irait super bien avec mon pantalon gris! Oh regarde ce pantalon jogger gris! Non je n'ai pas le même à la maison! Mais enfin c'est tout à fait mon style! Oh t'as vu cette photo sur Instagram? Cette montre connectée Fossil est trop belle! "  ... Je vous le dit de suite, on peut encore continuer des pages entières. Dès le moment où j'ai décidé d'arrêter ces achats frénétiques je n'ai eu que le shopping en tête, exactement comme face à une drogue, je me retrouvai en manque au bout de deux jours. Et je n'exagère vraiment pas. L'idée "d'acheter" me rendait "dingue". Plus besoin de me regarder dans une glace pour me rendre compte du néant de superficialité dans lequel je m'étais plongé. Les agences de pub dictaient ma vie de A à Z, du placard de la salle de bain à mon dressing en passant par mon frigo, et mon téléphone. Pendant ma pause déjeuner, je me faisais livrer un nouveau manteau depuis mon application ASOS directement au travail, en rentrant je rêvais d'un combi four lave-vaisselle, après un dimanche à faire le ménage je m'imaginais programmer mon robot aspirateur circulaire chaque jour. Finalement le problème ne venait pas seulement des vêtements, mais de tout mon environnement.

Mes étrennes de Noël sagement déposées à la banque, les applications shopping désinstallées de mon téléphone, Instagram et Pinterest restaient mes pires ennemis. Vous trouvez la situation totalement ridicule? Croyez moi, à vivre c'est encore pire. Face à cette superficialité qui s'était établie de façon lancinante, la rupture fut très violente et les frustrations continuelles me donnaient des maux de ventre. Arrêter la cigarette aurait été surement plus facile. Mon rapport à l'être et l'avoir fut complètement chamboulé, simplement sortir de mon vocabulaire ces "Je veux ..." ; "Il me faut ..." ; "J'ai trop envie de ..." et leurs multiples dérivés fut un lourd travail sur moi-même . En contrôlant ce que j'achetais pendant ces 30 jours je me suis aussi rendu compte de mes priorités. Un bon nombre de questions refirent surface à chaque fois que je me retrouvais dans une boutique, sur mon mode de vie, sur le vide et le désintérêt des choses essentielles qui s'étaient immiscés en moi, sur mon manque d'ambition. Fin Janvier je n'avais rien acheté, j'avais fait pas mal d'économie et surtout j'eus l'impression d'enfin lâcher prise, que toutes ces publicités nuisibles, ces newsletters intempestives ne me faisaient plus autant d'effet et que ce ramdam marketing me passait au dessus de la tête. Tout confiant, mon nouveau moi semblait rayonner dans les rues de Paris, totalement étrangé à ce que me proposait systématiquement les vitrines de magasins et les publicités. J'étais sorti de ce cercle vicieux consistant à remplir d'objets totalement inutiles mon deux pièces comme le ferait un écureuil. J'étais en paix!

Seulement voilà. Comme dans toute detox il y a toujours des risques de rechutes, et souvent des rechutes bien plus importantes que ce qui était précédemment. Je n'échappai, bien sûr, pas à la règle. Quatre mois plus tard, mon compte en banque avait fondu plus vite qu'un glaçon, FICHU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE! Mon découvert était si bas qu'il recherchait certainement de nouvelles sources d'énergie fossile et me revoilà au point de départ ... voir pire! En quelques semaines, un séjour à Venise, plusieurs anniversaires, une commande chez Ikea, un petit tour chez Fleux et quelques visites de copines de l'étranger et de province plus tard, mes bonnes résolutions avaient disparu comme mon portefeuille. S'il y a bien une résolution qui sera très compliquée à tenir ce sera bien celle-ci. En fait, il ne s'agira pas seulement de se limiter dans le shopping, ce sera surtout se résoudre à consommer de façon réfléchie et de savoir gérer un budget, car oui, même pour sa vie quotidienne il va falloir instaurer un budget. C'est ça devenir adulte? On ne peut pas dire que ce soit très drôle.

C'est en ouvrant une fenêtre Pinterest que je suis tombé sur une image disant "Comment ne plus jamais être à découvert" venant du blog Accro du Budget. Croyez moi, lisez vite ce blog, parce qu'il est temps pour tout le monde de se créer un budget ( Quoi? Commet ça vous en avez déjà tous un? ). Histoire de se faire un revenu de secours, de financer des projets (voyages, travaux, déménagement) et surtout de ne plus jamais connaître le découvert. La seule chose qui m'a presque fait pleurer c'est quand j'ai lu que pour combler ses découverts ou en terminer au plus vite avec ses emprunts il faudra forcément passer par un No-Spend Month!!!

Quand je vous parlais du retour à la case départ je ne croyais pas si bien dire ...

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